Nos saboteurs


saboteurs.png

Nos saboteurs

Notre éducation, notre environnement et nos peurs créent une carapace qui forge nos pensées bornées. Notre volonté toute entière se met alors au service de ce qui nous semble être protecteur et rassurant et nous voilà précipité à corps perdu dans la banalité. Celle-là même dont tout le monde se plaint mais dont nous forgeons nous même les barreaux dorés au nom de la sacro-sainte sécurité.

Et le temps passe et nous devenons, les prisonniers involontaires d’une vie que nous construisons malgré nous. L’aventurier choisi d’emprunter d’autres voies. Il décide de se mettre en danger et se lancer à corps perdu dans la pente inconfortable qui le précipite dans l’euphorie grisante de l’aventure. L’entrepreneur prend le risque de la liberté en mettant en mouvement son potentiel et sa créativité et faisant fi des sirènes d’un confort conformiste et accueillant.

Nous passons notre temps à réagir face à nos difficultés diverses, alors qu’il nous faudrait agir. Après avoir pris l’habitude de réagir ou interagir dans un système extérieur, essayez d’agir mû par votre propre désir.

La vie est le cadeau, en attendre autre chose que ce que l’on y apporte est le faux départ commun à chacun de nous qui nous écarte de l’essentiel. C’est le même souffle qui permet à l’océan d’éroder nos côtes de granit pourtant bien dures. Le mouvement l’emporte toujours sur le statique, mon idée du bonheur est indissociable du mouvement. Cette clé indispensable reste trop souvent méconnue ou négligée.

Mais qui d’autre que vous sait les découvrir et en apprécier les valeurs ? Oui, c’est vrai, la vie ne fera rien pour vous si vous n’en faite rien vous-même.

Chaque personne a, de part la structure de sa personnalité, plus ou moins de facilité à réaliser certaines tâches, plus ou moins d’aisance avec certaines activités. Les personnes très introverties, par exemple, n’aiment généralement par parler en public. Les personnes très extraverties sont généralement malheureuses dans des fonctions techniques trop spécialisées qui ne leur procurent pas assez de contacts.

De la même façon, chaque individu aura des réactions spécifiques en état de stress. Plus il sera stressé, plus il aura tendance à avoir recours à des réactions spontanées, impulsives et stéréotypées, il fera usage de ses « pilotes psychologiques ».

Un « saboteur » est un comportement spontané et généralement impulsif auquel la personne a recours quand elle est en état de stress, tant dans sa relation à elle-même que dans ses rapports avec autrui. Ce concept s’inspire des « pilotes psychologiques » de l’analyse transactionnelle (voir chapitre dédié), ces « messages contraignants » qui conditionnent les comportements sous stress.

Lorsqu’ils apparaissent, les « saboteurs » sont toujours perçus comme une obligation incontournable : la personne doit; il faut; elle est obligée de ; il est indispensable de …

Lorsqu’elle rentre en état de stress, il arrive souvent d’ailleurs que la personne se dise, dans son dialogue interne, des phrases en rapport avec ses saboteurs : « il faut que j’aille plus vite »; « Je dois m’efforcer de... »: « Je suis obligé de... ». Elle utilise souvent l’impératif et se dit aussi : « Dépêches-toi ! »; « serres les dents ! »; « améliores ton comportement ! ».

Puisqu’ils apparaissent en état de distress (mauvais stress), les « saboteurs » sont toujours synonymes de mauvaises communication. Lorsqu’elle active un de ses saboteurs, la personne cesse en quelque sorte de réellement écouter son environnement, elle rentre dans le stress, la crainte ou la colère, elle ne prend plus en considérations les informations provenant de la réalité et n’accorde plus d’importance qu’à son saboteur… C’est pour cela d’ailleurs qu’on l’appelle un saboteur : en coupant la personne du réel, il nuit à l’efficacité tout en ayant tendance à aggraver le distress.

Le pilote psychologique se manifeste quand les besoins ne sont pas satisfaits : c’est un sas, une porte d’entrée dans la non-communication, c’est le distress de premier degré. La personne y entre quelques secondes avant de passer dans un état interne (états du Moi) négatif.

Le pilote psychologique consiste en une promesse trompeuse qui montre la voie à suivre pour sortir du stress. C’est un mode de fonctionnement : Mécanique, compulsif et inconscient. Doté d’une charge émotionnelle. Acquis dans l’enfance.

Il se construit à partir des messages reçus par l’enfant : ils sont très divers dans leur forme : « Vas-y fonces ! », « à quoi bon », « tu peux le faire », « tu n’y arriveras pas ! », « tu es vraiment doué pour... ». Ces messages sont intégrés par le « Parent Interne » de la personne et émis à l’attention de « l’enfant Adapté ». L’enfant intègre ces messages et en déduit ce qu’il faut faire pour obtenir des signes de reconnaissance, seul moyen de survie.

Il existe cinq « pilotes psychologiques » ou comportement « saboteur » :

Sois Parfait ! (SP)

Fais vite ! (FV)

Fais Plaisir ! (FP)

Fais un Effort ! (FE)

Sois fort ! (SF)

En voici les caractéristiques :

Sois Parfait ! (SP) :

Gestes : position droite et rigide, visage sérieux et sévère, sans défaut…

Expressions : langage très clair, emploie le mot juste…

Stress : Jamais satisfait en fait toujours trop.

Les personnes qui sont soumis à ce message sont de redoutables perfectionnistes qui ne supportent pas la moindre erreur. Rien n’est jamais suffisamment bien, quelle que soit l’action qu’elles entreprennent. Elles soignent tout dans les moindres détails et pourtant le résultat ne les satisfait jamais pleinement.

Mon message : C’est normal… d’être vous-même et de vous tromper.

Fais vite ! (FV) :

Gestes : S’agite, tape des pieds ou des doigts, ne tiens pas en place...

Expressions : allez, d’accord, d’accord, on commence, grouillons-nous...

Stress : Fait tout au dernier moment, sous une pression permanente.

Le sentiment le plus fréquemment ressenti est l’impatience. On ne tient pas en place, on s’agite, on est toujours en retard. La maladie du « dépêches-toi ! » est le manque permanent de temps. Les jours, mois, année ne sont jamais assez longs.

Mon message : C’est normal… de prendre votre temps.

Fais Plaisir ! (FP) :

Gestes : Gestes d’ouverture, visage plein d’attention, séduction...

Expressions : « N’est-ce pas ? », « ne pensez-vous pas ? », évite de dire non…

Stress : Submergé par le travail qu’il accepte trop facilement.

Sous l’emprise de ce message, les gens oublient leurs propres besoins au profit de ceux des autres. Ils ont peur de déplaire, de faire de la peine. Ils sont très dévoués aux autres, cherchent à leur faire plaisir et ne se plaignent jamais. Ils ont souvent peur de gêner, d’être de trop, d’ennuyer.

Mon message : C’est normal… de penser à vous et de vivre selon vos valeurs.

Fais un Effort ! (FE) :

Gestes : Gestes d’écoute, visage en avant, concentré...

Expressions : « J’essaie ! », « C’est dur ! », « Je fais de mon mieux ! »...

Stress : N’y arrive pas malgré tous ses efforts.

Malgré tous leurs efforts, les personnes soumissent à ce message n’arrivent pas à réaliser ce qu’elles souhaiteraient. Elles n’ont jamais terminé, ne sont jamais tout à fait prêtes au moment de partir. Elles transforment ce qui pourrait être un moment agréable en deux de tension. Elles pensent que rien ne s’obtient sans effort.

Mon message : C’est normal… de réussir.

Sois fort ! (SF) :

Gestes : Fermeture, jambes et bras croisés, bras autour des genoux, visage de marbre, peu de manifestations d’émotion, voix monotone et dure...

Expressions : Pas de commentaires, pas de débat, « Il faut ! »…

Stress : Garde tout pour lui : « cocotte minute ».

Celui qui est sous l’emprise de ce message donne l’impression de se maîtriser parfaitement. Il cache ses émotions et ne sait pas se laisser aller. Il ne montre pas ses faiblesses et méprise ceux qui le font. Quel que soit le tumulte intérieur qu’il vive, il ne laisse rien paraître.

Mon message : C’est normal… de vous ouvrir et de montrer vos sentiments.

La connaissance des « saboteurs » est d’une grande importance. Elle vous permet de prendre conscience de vos comportements sous stress, de leur inefficacité et d’apprendre à les interrompre. Vous sortez ainsi plus facilement des états improductifs du distress.

Posts récents
Archives
Retrouvez-moi
  • Facebook Basic Square
  • LinkedIn App Icône